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196791 personnes ont déjà signé notre pétition
 

dont 185 910 signatures en direct des laboratoires au 27 mars 2009
(télécharger
les fichiers pdf
)

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Mesdames
et Messieurs
du gouvernement,
Nous les patients,
les citoyens
et les biologistes
ne souhaitons pas
voir notre santé bradée !
(extrait de la pétition
à signer)

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La santé aux enchères
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  • Interview* de Jean Benoit
    (Syndicat des Biologistes)


    “Les réseaux tenus par des financiers vont pouvoir se tisser sur l’ensemble du territoire”

    Au Syndicat des Biologistes (SDB), le résultat des sept mois de travail de la mission Ballereau déçoit. Plus que cela, même, car en pointant l’absence de qualité d’un très petit nombre de laboratoire, il stigmatise et décourage l’ensemble de la profession. Au-delà de ce point, le président du SDB, Jean Benoit, s’alarme de l’ouverture du capital des laboratoires aux investisseurs, combinée avec la non limitation du nombre de site pour un même laboratoire. Une porte ouverte, selon lui, à toutes les dérives.

    Etes-vous déçu par la lecture de ce rapport ?
    Jean Benoît : La réponse est oui ; ce n’est vraiment pas ce que l’on attendait ! Certes, nous retrouvons un certain nombre de demandes, telles que la médicalisation de la profession qui est essentielle pour nous. Encore faut-il qu’elle soit faite dans le bon sens. Un premier point très désagréable est de montrer du doigt les laboratoires qui ne sont pas au niveau sur le plan de la qualité, ce qui justifierait de la nécessité de l’accréditation. Il n’est pas du tout dans nos intentions de défendre ceux qui ne sont pas défendables. Que l’administration fasse son travail et les fasse fermer. Par contre, au lieu de pointer ces 0,25 à 0,35% de laboratoires déviants, n’aurait-on pas pu mettre en exergue les 99,7% qui fonctionnent bien ? La biologie est certainement la profession qui s’est la plus engagée dans le domaine de la qualité, elle a dans ce domaine une avance considérable sur toutes les autres professions de santé. Elle a depuis longtemps organisé son contrôle de qualité, sa formation continue. Et elle a déjà fait un gros effort de restructuration qui n’est pas reconnu dans ce rapport. Il n’y a en France aucun problème d’accès à la biologie pour la population, aucun problème de qualité pour 99,7% des laboratoires, peut-être aurait-on pu faire un peu confiance à cette profession pour qu’elle continue à organiser son avenir, selon le schéma qu’elle avait programmé.

    L’absence de limitation du nombre de site vous surprend-elle?
    J.B. : Monsieur Ballereau connaît bien nos positions sur la prise de participation extérieure et sur la non-limitation du nombre de site dans un laboratoire. Nous n’avons aucune définition du site… Aujourd’hui, un site c’est un laboratoire avec ses locaux, son personnel, son biologiste diplômé. Demain, on ne sait pas trop ce que cela sera puisqu’il n’est pas prévu qu’un biologiste y dépose son diplôme, qu’il y ait un biologiste à temps plein, qu’il y ait de l’activité technique. C’est donc la porte ouverte aux centres de prélèvements. Il y aura quand même l’obligation d’avoir un biologiste au moment du prélèvement et du résultat, mais pas d’obligation d’avoir un directeur co-responsable sur ce site, ce que nous souhaitions pourtant. Nous avons, bien sur, des craintes sur la liberté d’exercice des professionnels et la qualité du service rendu au patient puisque ce rapport prévoit l’ouverture totale du capital des laboratoires aux investisseurs extérieurs. Bien évidemment, dans un système tenu par des financiers, les activités les moins rentables ne seront pas assurées. Malgré les verrous qu’essaie de mettre Michel Ballereau, les réseaux tenus par des financiers vont pouvoir se tisser sur l’ensemble du territoire. Cerise sur le gâteau : les cliniques elles-mêmes pourraient acheter des labos !!!

    Vous conviendrez que ce rapport propose aussi de mieux organiser l’offre sur un même territoire : n’est-ce pas là un des points positifs ?
    J.B. : Essayer de rationaliser l’offre de soins régionalement et considérer l’offre globale de biologie ne sont pas choquants, et correspondent à l’esprit de la loi HPST. De même, le développement des relations publics-privés est cohérent. En revanche, ce qui est difficile à gérer est que l’on nous soumettre aux mêmes règles d’organisation que l’hôpital : cela oblige le pilote de la réforme à mettre en place une structuration avec des biologistes responsables (et/ou co-responsables) pour s’apparenter à ce qui s’organise à l’hôpital avec les pôles d’activité. C’est ce qui incite Michel Ballereau à ne pas obliger au dépôt d’un diplôme sur les sites, et à s'orienter vers un biologiste responsable pour que cela soit compatible avec ce qui existera à l’hôpital.

    La mission recommande enfin de diminuer le prix de certains examens, pour parvenir à réaliser une économie de 100 millions d’euros sur trois ans. Y êtes-vous prêts ?
    J.B. : Nous étions prêts à nous engager sur une réforme de prescription pertinente sur la base de référentiels, et sur des expérimentations de forfaitisation. Bizarrement, la mission Ballereau s’oppose à la forfaitisation - ce qui nous semble incompréhensible - et met en place des baisses tarifaires sur des examens automatisés, jugés à moindre valeur ajoutées qui constitueraient une rente de situation pour les biologistes. Il faut quand même se souvenir qu’il y a déjà eu des baisses tarifaires importantes depuis quelques années et que, bon an mal an, nous allons arriver à une baisse globale d’une quinzaine de pourcent. Cela commence à être lourd et les gains de productivité prévus par les concentrations espérées par la mission ne sont probablement pas aussi évidents que cela. Aujourd’hui, nous avons déjà regroupé beaucoup d’analyses et nous ne voyons pas comment faire des gains supplémentaires. J’ai donc de fortes inquiétudes sur la rentabilité économique du système qui se met en place. Les réseaux de biologistes auront du mal à subsister et à jouer leur rôle s’ils sont trop contraints financièrement. Il ne resterait plus alors que les réseaux financiers qui auront la capacité de perdre de l’argent au début mais pourront se rattraper plus tardivement sur les volumes.

    Quelle est désormais votre marge de manœuvre ?
    J.B. : Nous allons faire une forte campagne d’information et de lobbying, notamment sur la prise de participation du capital, sachant que ce combat sera difficile. Nous avons encore l’espoir de pouvoir agir auprès des parlementaires pour faire modifier un certain nombre de points et ceci malgré le choix du gouvernement de faire passer le projet de loi, à venir, sous forme d’ordonnance.


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    *Interview réalisée par http://www.focusinfo.eu
   

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