Les 12 et 13 novembre, des inspecteurs de la direction de la concurrence de la Commission européenne accompagnés de leurs homologues français de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) ont perquisitionné les locaux de l’Ordre national des pharmaciens, ainsi que le laboratoire d’analyses de biologie médicale du président de la section G de l’Ordre chargée des biologistes (85 % des biologistes sont pharmaciens, 15 % médecins). Il s’agissait d’une « étape préliminaire » dans une enquête ouverte par la Commission suite à une plainte pour « violation du droit communautaire de la concurrence ».
L’Intersyndicale des biologistes constate sans surprise que le respect de la concurrence mobilise beaucoup plus Bruxelles que la santé des citoyens des Etats membres de l’UE.
L’Intersyndicale des biologistes dénonce vigoureusement une tentative d’intimidation et s’interroge sur la « méthode » employée. L’Intersyndicale réclame de nouveau avec détermination que le Parlement se prononce sur la réforme de la biologie médicale, réforme que le gouvernement a engagée par voie d’ordonnance pour se conformer aux injonctions de Bruxelles », précise Jean Benoît, porte-parole de l’Intersyndicale. « Nous restons plus que jamais vigilants, parce que nous refusons la marchandisation de la santé des Français ».
Le réseau de laboratoires à l’origine de la plainte - maître dans l’art de manipuler la Commission européenne et davantage préoccupé par l’augmentation de ses profits que par l’accès aux soins - avait déjà déposé une première plainte ayant conduit Bruxelles à faire pression sur la France pour obtenir l’ouverture totale du capital des laboratoires d’analyses (les non biologistes ne pouvant actuellement posséder que 25 % du capital). Ce réseau soutient que la biologie médicale française a besoin d’être « rationnalisée » et que grâce à l’arrivée d’investisseurs financiers, l’Assurance Maladie pourra faire des économies. Rappelons que la biologie médicale représente 2,28% des dépenses remboursées du régime général de l’Assurance maladie et que 60 à 80 % des décisions médicales s’appuient sur les résultats d’analyses.
Que l’enquête soit diligentée par les services de la concurrence et non les services de la santé de la Commission européenne montre à quel point le business passe avant la santé des populations des états membres. Il n’y a pas plus éloquente démonstration que l’Europe considère la santé comme une marchandise ordinaire. Les pouvoirs publics français auraient pu choisir de défendre l’intérêt des personnes plutôt que celui des marchés, en faisant valoir le principe de subsidiarité reconnu aux états pour garantir le niveau de protection le plus élevé en matière de santé. Il aurait fallu faire preuve de courage, une qualité menacée de disparition. L’Intersyndicale qui n’entend pas se laisser intimider tient à assurer l’Ordre de son confraternel soutien.
L’intersyndicale des biologistes
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