Confier mes analyses aux financiers ?
C’est ce que nous propose la Loi Bachelot !
Le gouvernement a choisi la voie de l’ordonnance plutôt que le débat démocratique pour engager la réforme de la biologie médicale. Sous couvert d’exigences européennes, l’article 20 de la Loi Bachelot ferme toute discussion. La porte est ainsi ouverte à la prise de contrôle des laboratoires d’analyses médicales par des groupes financiers. Un sondage mené au début du mois auprès de plus de 1000 personnes montre que l’opinion publique est majoritairement opposée à une telle mesure. Un débat démocratique serait pourtant nécessaire sur cette mesure qui, en attaquant les professions libérales de santé, ouvre la voie à la marchandisation de notre système de santé.
L’Intersyndicale des biologistes s’indigne contre le souhait du gouvernement d’ouvrir le capital des laboratoires d’analyses aux financiers sans débat parlementaire. Alors que le biologiste engage sa responsabilité de professionnel de santé, le financier recherche la rentabilité :
- Certains services au patient, certains tests de diagnostic jugés non rentables pourraient ne plus être réalisés demain ;
- Pire encore : certains laboratoires d’analyses assurant un service de proximité qui ne seraient pas suffisamment « profitables » pourraient à terme disparaître. L’Intersyndicale des biologistes estime que plus de 50 % des laboratoires ne pourront pas lutter, face à la concurrence de grands groupes financiers. Les laboratoires d’analyses garantissent pourtant la permanence d’un service de proximité et un égal accès au diagnostic et au suivi médical pour tous.
85 % des Français ne veulent pas
confier leurs analyses aux financiers
Un sondage BVA réalisé auprès de 1013 personnes les 3 et 4 octobre derniers indique que :
- 68 % des interviewés trouvent que les laboratoires d’analyses de biologie médicale relèvent avant tout d’une activité de santé ;
- 9 Français sur 10 jugent qu’il est important d’avoir un laboratoire d’analyses dans leur localité ;
- 85 % se disent opposés à la prise de contrôle des laboratoires par des groupes financiers.
D’autres professions libérales de santé pourraient demain être visées : radiologues, chirurgiens dentaires, pharmaciens ou encore sages-femmes. Une dérive annoncée vers une marchandisation de la santé, déjà engagée au niveau européen.
L’intersyndicale des biologistes
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